Histoire du coton laotien

Le coton est cultivé au Laos depuis des siècles, la plupart du temps à petite échelle pour la consommation directe par les ménages qui transforment la fibre en tissu et en objets d'usage quotidien.

La plupart des agriculteurs du Laos ne peuvent pas se permettre d'acheter des engrais chimiques coûteux et continuent à cultiver leur coton sur de petites exploitations agricoles, entrecoupées d'autres cultures pour une résistance naturelle aux ravageurs. Bien que le coton provenant de Saoban n'est pas certifié biologique, les producteurs et les cultivateurs nous disent qu'ils n'utilisent pas de produits chimiques.

Le coton est planté à la main et arrosé par les pluies de mousson. Il faut huit mois pour que la plante produise la fleur de coton, puis elle est cueillie à la main, égrenée à la main (activité difficile et fastidieuse), puis filée à la main. Les métiers à tisser traditionnels en bois et en bambou sont utilisés par les tisserands pour transformer la fibre de coton en tissu de coton.

A ce jour, la plupart du coton est teint avec des colorants naturels d'origine végétale, et bien que les colorants chimiques deviennent de plus en plus populaires, Saoban vise à préserver et promouvoir la tradition des colorants textiles naturels au Laos.

Teinture naturelle: un art exigeant

Les tisserands traditionnels du Laos utilisent des teintures naturelles dérivées de graines, feuilles, racines, fleurs, fruits, écorces et résine d'insectes. Les maîtres teinturiers savent quelle substance, ou combinaison de substances, donnera des couleurs spécifiques, et ont un contrôle expert sur les résultats. Le procédé exige une grande habileté: le fil doit être trempé dans de la teinture et séché plusieurs fois de suite pour obtenir le degré d'uniformité et l'intensité de couleur désiré. Le processus peut prendre de deux jours à une semaine, sans compter le temps nécessaire pour recueillir, sécher et broyer les racines, les feuilles ou les fruits, puis les faire bouillir, fermenter et les reposer pour créer des colorants: ces processus peuvent prendre des mois. Par conséquent, les produits de fils teints naturellement et les produits tissés sont généralement plus chers que les produits fabriqués à partir de fils teints chimiquement.

La fabrication de la teinture indigo est un art ancestral et imprégné de mythes. Les femmes menstruelles sont tenues à l'écart des pots d'indigo par crainte de déranger "l'esprit indigo" et de rendre le colorant inutilisable.

La teinture indigo est fabriquée à partir des feuilles et des pousses de la plante "kharm", qui pousse dans de nombreuses régions du Laos. Obtenir les matières premières pour l'indigo peut être facile, mais le fabriquer est un art. Il s'agit de la fermentation du "kharm" et du maintien du mélange dans des bocaux hermétiques à la température voulue. L'indigo naturel ne contient aucun produit chimique ou métal toxique et le port de tissus teints à l'indigo est considéré comme bon pour la peau.

La plupart des produits Saoban utilisent des colorants naturels. Les groupes de tissage qui sont nouveaux dans la culture du ver à soie et la production de teinture utilisent un mélange de soie laotienne et de soie vietnamienne et chinoise et de fils teints chimiquement. Pour aider ces groupes à faire la transition vers les teintures naturelles, Saoban facilite les échanges d'apprentissage et permet aux tisserands et aux teinturiers de partager les techniques, les compétences et l'information. Saoban espère à l'avenir produire et vendre exclusivement des produits naturels teints.